06/11/2012

1918 : une famille voit revenir ses hommes et... le cheval

souvenir français

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1914  : « La mobilisation »

Août 1914 dans une famille de paysans catalans, (comme  tants d’autres familles de France) la mobilisation générale sonnait le départ.

Dans cette famille il y avait trois fils, trois beaux fils, et trois ouvriers permanant qui vivaient dans la ferme et étaient considérés comme faisant partie de la maison ; ils partaient à la guerre ils étaient tous réunis en famille pour partager fraternellement le repas du départ.

Parmi les quatre chevaux que cosouvenir françaismptait l’écurie, le sort tomba sur le plus jeune, le plus fort, c’est lui qui fut retenu par le conseil de réquisition pour partir avec la troupe, d’ailleurs il partit avec l’un des ouvriers de cette famille.

La guerre fut atroce meurtrière, chaque village comptait ses morts, il arrivait que des familles soient frappées par la disparition de plusieurs membres ; la France pieuse se vouait à la prière, cinquante-deux mois dura ce cataclysme humain, la nation était figée dans le désespoir.

Le 11 novembre 1918  « la victoire ! » Le retour ! Pour les survivants, il fut terni par la cruelle absence de ceux qui ne revinrent pas ; dans notre famille de paysans, les neufs hommes que nous avons vu partir tous revinrent, (ils avaient traversé l’orage de feu et de fer, ils gardèrent le restant de leur vie dans leurs yeux, les larmes de ceux qui ne revinrent pas). Leur survie semble tenir du miracle, ne rêvons pas, arrêtons nous là.

Le retour du chevalsouvenir français

Vivant ! Lui aussi avait traversé l’enfer de la guerre il se trouvait à Lyon au centre de démobilisation, son retour fut organisé ; deux fils du mas firent le voyage, et le ramenèrent à Perpignan gare SNCF.

Une calèche l’attendait, on lui fit le privilège de l’atteler, dans la joie de ceux qui pouvaient l’entourer de toute leur affection ; le cheval donna tout de suite les signes de reconnaissance secouant sa noble crinière de temps en autres il hennissait, et cela ressemblait beaucoup à de la joie.

Perpignan était moins encombré qu’aujourd’hui, on décida de laisser l’animal libre de choisir le chemin qui dans le passé le ramenait au mas ; et c’est ainsi que la brave bête revint, sans qu’on eut à le guider jusque devant  la porte de l’écurie, pour la grande joie de tous ceux qui l’attendaient, qui applaudissaient, qui pleuraient. Il sembla, que pour les saluer, secouant encore sa belle crinière il hennissait toute sa joie, débarrassé de ses harnais sans aucune hésitation 52 mois après il retrouva sa place, au milieu des autres.

On garda pour la brave bête une seule mission, celle d’être attelé à la calèche pour amener chaque dimanche les mamies du mas à la grand messe dominicale, il mourut paisiblement cinq ans après  entouré des  soins affectueux de ceux qui l’avaient tant aimé.

« Cette histoire vraie nous rappelle l’amour de ce cheval pour ceux qu’il n’avait  jamais oublié. »

(De la guerre il avait gardé une grande surdité, et trois blessures apparentes.)

légendes des photos provenance : en H:On ne passe pas, dessin de Georges Scott 8 aoùt 1914.

Centre G: Guerre 14 18 Réquisition des chevaux à Paris aoùt 1914.

En bas à D:cheval Ardeais de type carrossier, proche des annimaux recherchés pour traction de l'artillerie. 

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